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  • Writer's pictureOlivier S.E. Courtois

Le pouvoir du Collectif

Depuis quelques temps, j'ai renoué avec les voyages intensifs. Il y a une semaine, c'était un voyage particulier. Je suis retourné à Londres pour la première fois depuis 2019, c'est-à-dire avant le Brexit et le Covid. À l'époque, je faisais pratiquement la navette entre Bruxelles et Londres, sans me douter que cette parenthèse forcée aurait lieu. Un voyage rendu d'autant plus spécial par l'opportunité de rencontrer ma fille sur "son terrain" au milieu de "sa tribu" et de visiter son nouvel appartement.


Pourtant, lorsque j'ai posé le pied à St Pancrace, j'ai eu l'étrange sentiment que c'était un jour comme les autres, comme si ces quatre années avaient été effacées d'un coup de baguette magique. J'ai ce même sentiment lorsque je retourne en avion aux quatre coins du monde. Comme si rien n'avait changé. Les affaires, la vie continuent comme si de rien n'était.


En y réfléchissant, je suis fasciné de voir comment, une fois la crise passée, le Collectif se réapproprie l'espace abandonné, un peu comme une balle de caoutchouc compressée qui reprend sa forme initiale en un instant.


L'autre jour, j'ai entendu une réflexion historique et sociologique que je résumerai en quelques mots : les grands changements sont le produit de toute une nation, d'un Collectif, et l'impact des leaders est, somme toute, assez minime. Leurs actions sont le prolongement de la volonté collective, et les leaders sont l'émanation de l'expression populaire, démocratie ou pas. On insiste trop sur l'avènement d'un nouveau leader et sur son impact, et pas assez sur le pouvoir du Collectif. Le changement vient du Collectif, pas de ses leaders. Au-delà des équipes dirigeantes, le Collectif se transforme inexorablement selon son propre ADN. Autrement dit, quoi qu'il arrive, la France, les Etats-Unis, la Chine ou la Russie, pour ne prendre que quelques exemples, se transforment en fonction du Collectif, fruit d'un long héritage, exposé aux transformations extérieures.


Si l'on extrapole, et si l'on imagine un instant qu'il en est de même pour les organisations, la question que l'on peut se poser est celle de l'impact réel des équipes de direction et de management sur la transformation d'une organisation.

Il est généralement admis que la culture mange la stratégie au petit déjeuner, et ce à juste titre. Mais alors, quel est le véritable pouvoir de transformation du dirigeant et de son équipe ? Nos attentes à leur égard sont-elles réalistes ? Et si le Collectif a tant de poids, nos politiques de ressources humaines le prennent-elles suffisamment en compte ?


En définitive, l'une des compétences majeures des leaders est de lire la volonté populaire, ou plutôt la volonté des différentes catégories qui composent le groupe qu'ils dirigent, et de convertir cette lecture en actions qui ont le plus de chances de résonner auprès du groupe le plus large possible, puisque c'est ce groupe qui mettra en œuvre ou bloquera la vision dont le leader s'est fait l'écho.


Une perspective fascinante pour tous ceux qui sont responsables de la sélection, de la promotion, du développement et de l'évaluation des leaders dans leur organisation.

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