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  • Writer's pictureOlivier S.E. Courtois

La gentillesse est-elle un subterfuge pour les faibles?

Dans un récent discours, Gary Vaynerchuk, a souligné l'importance de la gentillesse dans les affaires. Selon lui, les "soft skills" sont le meilleur investissement durable que vous puissiez faire.


Quelle est votre opinion à ce sujet ? D'après mon expérience, la confiance générée dépend de trois facteurs clés :


1/ Les capacités : expérience, personnalité, QI & QE, éthique... Disons que c'est la base !


2/ Des valeurs fortes et cohérentes : ces valeurs, associées à la compétence, permettent de définir le " purpose ", elles servent de boussole dans le tourbillon actuel, elles permettent de tenir le cap avec à la fois fermeté et agilité. Un leader qui reste fidèle à ses valeurs inspire davantage confiance qu'un leader prêt à toutes les concessions pour s'accrocher à sa position.


3/ L'attention, la gentillesse : elles permettent de créer un lien authentique avec ceux qui nous entourent, marqué par un réel intérêt pour la personne et non par des calculs mesquins. Elle créent un besoin de réciprocité. Offrir du temps et de l'attention sans calcul permet de créer des relations fortes avec des personnes qui sont naturellement enclines à "donner en retour". Certains appellent cela un investissement dans le kharma de chacun.


La gentillesse, telle que la décrit Gary, entre dans cette dernière catégorie. Elle est le ciment qui rend l'environnement de travail humain.


Toutefois, cela appelle quelques commentaires :


1- La gentillesse n'est pas synonyme de faiblesse. Il doit s'agir d'une gentillesse authentique, basée sur une forte confiance en soi. Pour reprendre les trois facteurs mentionnés ci-dessus, elle ne doit pas être utilisée comme un moyen de compenser des capacités ou des valeurs déficientes, d'acheter des faveurs. Elle est un supplément d'âme, pas un substitut. Un leader fort et bien dans sa peau sera capable d'exprimer sa gentillesse sans craindre pour son image ou son ego. Le manque de gentillesse est parfois la signature des faibles.

2 - La gentillesse n'est pas synonyme de naïveté. Il est possible de faire preuve de bonté sans calcul et sans sombrer dans l'angélisme.

Tout le monde n'est pas motivé par la bienveillance ou l'altruisme, et il faut savoir faire preuve de gentillesse à un moment donné sans attendre un retour immédiat ou automatique.


3 - La gentillesse dans son contenu et dans sa forme ne doit pas empêcher la capacité de prendre des décisions fermes et confiantes. Intimité ne signifie pas promiscuité. De nombreux dirigeants se méfient d'une trop grande "proximité" et préfèrent garder leurs distances pour préserver leur statut et leur indépendance.


À mon avis, c'est respectable, mais ce n'est pas la seule approche possible. J'ai connu et observé des leaders qui allient la gentillesse, la bienveillance et un véritable intérêt pour la personne sans perdre leur impartialité, leur objectivité, leur capacité de discernement et sans perdre le respect de leurs interlocuteurs.


Au contraire. Il est plus facile d'expliquer une décision difficile à une personne dont on a gagné le respect par sa gentillesse, sa compétence et ses valeurs, que par la peur ou la distance.


N'est-ce pas une noble quête que de devenir un grand leader tout en développant son humanité ?



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