Votre résilience est-elle un atout stratégique ou un piège invisible ?
- Olivier S.E. Courtois

- il y a 3 heures
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On dit que la plus grande vertu d'un leader est sa capacité d'endurance. Nous sommes fiers d'être les derniers à partir et les premiers à répondre. Nous prenons 35 000 décisions par jour et nous arborons notre endurance comme un titre de gloire.
Mais dernièrement, j'ai été contraint d'affronter l'«alligator » qui se cachait derrière tout ça.
Entre la gestion des bouleversements géopolitiques et économiques actuels et une crise familiale soudaine et inattendue – ma femme a fait une grave chute dans les escaliers, nécessitant une intervention chirurgicale et une longue convalescence à domicile – mon rôle a évolué. Ma présence constante est devenue indispensable, d'une manière que je n'avais pas anticipée. Mes journées sont désormais un marathon de soins, de coordination et de leadership permanent.
Dans mon modèle, le dysfonctionnement n° 7 est l’épuisement. Je parle souvent de Wei Jié, l’incarnation même de cette difficulté. Il croit que sa résilience sans limites est un don qu’il fait à son équipe. En réalité, son épuisement est contagieux. Lorsque nous refusons de nous arrêter, nous n’inspirons pas nos équipes ; nous entretenons simplement une culture d’épuisement collectif.
J'ai dû lutter contre mes propres convictions profondes cette semaine.
Il existe une perception extérieure — et une critique intérieure très virulente — selon laquelle se prélasser dans un transat en pleine semaine est un signe de paresse. Qu'un leader doit toujours être « en action ».
Mais j'ai réalisé que si je ne prends pas la décision en matière de développement durable, je ne suis pas un leader ; je ne fais que survivre.
Cette photo représente ma régénération en cinq minutes. Ce n'est pas de la paresse, c'est de la responsabilité.
Parfois, la décision la plus déterminante pour un leader est de s'arrêter. De prendre du recul et de se recentrer. On ne sauve pas son organisation en s'autodétruisant ; on dirige mieux quand on s'autorise à souffler.
Quelles que soient vos « 35 000 décisions » d'aujourd'hui, j'espère que vous trouverez cinq minutes pour combattre la culpabilité et choisir la régénération.
Passez un week-end reposant.

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